Col du Galibier en aller-retour depuis Grenoble
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Le Col du Galibier — 2 642 mètres, l’un des cols les plus mythiques du cyclisme. Le plan : y aller depuis Grenoble en aller-retour dans la journée. Pas de voiture, pas de train, pas de raccourci. 200 km de route avec un col massif au milieu, et la même route à refaire avec les jambes usées.
Départ à 7 h
À 7 h du matin en juin, le soleil était déjà relativement haut dans le ciel. Grenoble commençait tout juste à se réveiller. J’ai passé rapidement les quelques minutes de centre-ville pour rejoindre la piste cyclable et sortir de la ville direction le sud.

Cette piste cyclable amène directement jusqu’à Pont-de-Claix, puis à Vizille — un aménagement récent, mais très agréable. Surtout le matin, quand la circulation à côté est encore calme et que la fraîcheur de l’air rend les premiers kilomètres faciles. C’est la partie douce de la journée.
La vallée de la Romanche
À partir de Vizille, c’est la partie un peu redoutée. Un long faux plat montant, avec beaucoup de passage sur une bande cyclable tracée directement sur la route départementale. Je connaissais déjà cette section pour l’avoir prise à plusieurs reprises en voiture, et aussi en vélo — mais toujours en descente. Malheureusement, il n’y a pas d’autre option : c’est la seule route qui traverse la vallée de la Romanche. À moins de faire un gros détour par un autre col, mais ce n’était pas le but du jour.

Le fait d’être parti tôt a quand même permis d’éviter le gros de la circulation. La bande cyclable est suffisamment large pour être confortable, même si les voitures passent relativement près et parfois à une vitesse élevée. Ça motive aussi à appuyer plus fort sur les pédales pour en finir avec cette section et arriver plus vite sur la vraie piste cyclable le long de la Romanche.
Parce qu’à partir de Rochetaillée, à l’intersection qui mène vers le Col de la Croix de Fer, une piste cyclable très agréable longe la rivière jusqu’à Bourg-d’Oisans. En arrivant vers 9 h, j’en ai profité pour m’arrêter, remplir les bouteilles d’eau et manger un morceau avant d’attaquer la vraie montée. C’est aussi le moment où de nombreux cyclistes se regroupent au pied des ascensions légendaires du coin — l’Alpe d’Huez, le Col de la Croix de Fer et les autres montées emblématiques de la vallée de l’Oisans.

Dans la haute montagne
À partir de Bourg-d’Oisans, ça monte progressivement. Le Col du Lautaret est déjà annoncé sur les panneaux — encore 35 kilomètres pour atteindre le sommet du col. La route est plutôt agréable en réalité — je m’attendais à beaucoup de circulation, mais c’était relativement calme.

Le Lac du Chambon est apparu avec sa magnifique vue sur le barrage, l’eau turquoise coincée entre d’énormes parois rocheuses. Et cette journée était vraiment superbe d’un point de vue météo — il faisait beau, il faisait chaud, le temps parfait pour ce genre d’aventure.

J’avais préchargé la trace sur le Garmin en amont, ce qui me permettait de visualiser la grande quantité de dénivelé encore à parcourir. Une ascension relativement longue quand on part de la cuvette de Grenoble à 200 m d’altitude pour rejoindre l’un des cols les plus hauts de France.
Progressivement dans cette vallée, c’est aussi l’occasion de traverser des villages très agréables, comme La Grave avec sa magnifique vue sur la face nord de La Meije (3 983 m) — l’une des parois montagneuses les plus spectaculaires des Alpes, avec ses glaciers suspendus sur des faces quasi verticales et le massif des Écrins qui s’étend derrière. La Meije, on peut la voir depuis le Vercors, juste à côté de Grenoble. Et il y a quelque chose d’un peu irréel à se dire qu’on est arrivé à son pied, juste par la force de ses jambes sur un vélo.

Col du Lautaret
La route continue. On passe par Villar-d’Arène, le dernier village avant les grands cols, et les derniers kilomètres vers le Col du Lautaret deviennent un peu plus pentus — ce qui donne davantage la sensation de gravir un col, plutôt que cette très longue montée progressive commencée depuis Grenoble.


Au Col du Lautaret (2 057 m), il était quasiment midi. Je me suis arrêté pour une pause déjeuner et reprendre des forces avant la partie finale vers le Galibier. Le Lautaret est parfois vu comme un simple point de passage, mais c’est un vrai col à part entière — passage stratégique depuis l’époque romaine, il marque la frontière entre les vallées de la Romanche et de la Guisane.
Le Galibier
Il reste huit kilomètres, et c’est là que les lacets emblématiques du col commencent à apparaître. La montée est relativement calme — les voitures sont beaucoup moins présentes que sur la route principale du Lautaret. Et c’est aussi là que la densité de cyclistes augmente encore.

Plus on avance, plus on voit le col se dessiner. Les lacets se distinguent clairement au loin, et au fur et à mesure de la progression, le paysage devient de plus en plus vertigineux. La vallée s’enfonce en contrebas, les vues deviennent absurdement belles.

J’arrive d’abord à l’entrée du tunnel qui permet aux voitures d’éviter le passage au col — elles peuvent traverser directement et ressortir de l’autre côté, vers Valloire. Dans mon cas, je continue encore un kilomètre au-dessus, vers le fameux Col du Galibier.

Au sommet
Col du Galibier, 2 642 m. L’emblématique panneau du col, indiquant les deux départements de chaque côté — la Savoie et les Hautes-Alpes. D’un côté, une vue imprenable sur le massif des Écrins. De l’autre, la vallée qui plonge vers la Maurienne. Le panorama est juste magnifique.



Le sentiment d’accomplissement est vraiment au rendez-vous. Et surtout, à partir de là, c’est principalement de la descente pour rentrer. Ça aussi, au moral, ça fait du bien.
Le retour
Après une pause au sommet pour profiter de l’instant et célébrer l’ascension, je me remets en selle pour redescendre vers Grenoble.
Le temps étant toujours chaud et agréable, la descente est un vrai plaisir. Le genre de descente qui descend suffisamment progressivement pour ne pas avoir besoin de trop freiner ni de trop pédaler — beaucoup de roue libre. Il y a bien quelques passages qui demandent de repédaler un peu, des petites côtes de quelques dizaines de mètres à refaire dans l’autre sens qui rajoutent un peu de dénivelé au total. Mais ça permet aussi de relancer les jambes, donc ce n’est pas si problématique.
Comme c’est un aller-retour, je repasse par les mêmes villages, la même route, jusqu’à arriver de nouveau à Bourg-d’Oisans. Ensuite, c’est reparti pour la piste cyclable le long de la Romanche, avant de reprendre la partie un peu moins agréable jusqu’à Vizille. Mais cette fois-ci, comme c’est un faux plat descendant, en mettant le grand plateau et en appuyant un peu sur les pédales, ça va nettement plus vite.
Une fois à Vizille, il reste principalement du plat sur la piste cyclable — une fin de journée agréable, sur des pistes que je connais bien puisqu’elles sont proches de Grenoble. Et c’est à ce moment-là que le sentiment de mission accomplie s’installe. Ce challenge qui trottait dans la tête depuis un moment est enfin réalisé. J’arrive finalement à Grenoble avec la fierté de cet accomplissement.
Il y a une satisfaction particulière à se dire qu’on part de chez soi en vélo, qu’on pédale jusqu’à un col mythique comme le Galibier, et qu’on revient — le tout juste par la force des jambes, depuis sa porte d’entrée. Pas de voiture pour s’approcher du départ, pas de navette, juste le vélo du début à la fin. 200 kilomètres, 2 742 mètres de dénivelé, et l’un des cols les plus emblématiques du cyclisme.
En espérant que ce genre de récit puisse inspirer d’autres à tenter des aventures similaires — pas forcément le Galibier, mais peut-être un col plus local, une boucle depuis la maison, ou simplement l’envie de voir jusqu’où les jambes peuvent porter.
Les chiffres
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Distance totale | 199,1 km |
| Dénivelé positif | 2 742 m |
| Altitude max | 2 642 m |
| Temps de déplacement | ~9h 30min |
| Temps total | ~11h 30min |
| Cols franchis | 2 (Lautaret + Galibier) |