UT4M 180 Challenge : Quatre massifs, quatre jours
Statistiques d'activité
L’UT4M — Ultra Tour des 4 Massifs — est une course qui fait le tour de Grenoble à travers les quatre massifs qui entourent la ville : le Vercors au sud-ouest, le Taillefer au sud-est, Belledonne à l’est et la Chartreuse au nord. Le 180 Challenge les enchaîne tous — un massif par jour, quatre jours d’affilée, environ 180 km et 11 600 m de dénivelé positif. Environ 300 coureurs avaient pris le départ cette année-là. Au quatrième jour, seuls 208 ont franchi la ligne d’arrivée — près d’un tiers a abandonné en cours de route.
En habitant Grenoble, j’avais vraiment envie de faire le tour au moins une fois. Il y a un côté amusant à se dire qu’on fait le tour de la ville à pied et qu’on revient à la maison. Je ne pensais pas pouvoir le faire en une seule fois, et avoir un jour de repos entre chaque étape était vraiment le bienvenu. C’est un format qui donne plus envie de se lancer — peut-être plus accessible aussi.
Résumé
| Étape | Massif | De → À | km | D+ | D- | Temps | Class. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Vercors | Seyssins → Vif | 39,8 | 2 710 | 2 650 | 5:26:42 | 37e |
| 2 | Taillefer | Vif → Rioupéroux | 50,6 | 3 390 | 3 150 | 7:45:29 | 38e |
| 3 | Belledonne | Rioupéroux → St-Nazaire-les-Eymes | 48,4 | 2 900 | 3 160 | 8:41:07 | 49e |
| 4 | Chartreuse | St-Nazaire-les-Eymes → Grenoble | 41,4 | 2 630 | 2 690 | 6:49:13 | 52e |
| Total | 180,2 | 11 630 | 11 650 | 28:42:31 | 52e |
Jour 1 — Vercors
Vercors : Seyssins → Vif
39,8 km | 2 710 m D+ | 2 650 m D- | Barrière horaire : 12h | Arrivée : 5:26:42 (37e)
Le départ se fait depuis Seyssins, juste à côté de Grenoble — facile d’accès en tram, et pas trop tôt pour le départ non plus. Pratique.
Je me sens plutôt bien en vrai. Bien reposé, les jambes vont bien, même si la semaine précédente je finissais encore la Grande Traversée des Alpes à pied en randonnée. Donc quelques kilomètres dans les pattes, mais ça me donne plutôt confiance sur le fait de pouvoir finir le challenge. Au final, ça ressemblera beaucoup à mes randonnées habituelles — à peu près le même nombre de kilomètres par jour. La différence principale sera liée au fait que je cours cette fois-ci, et non pas de la marche rapide. Je me dis que ça devrait le faire.
Première étape : une bonne grosse montée directement jusqu’à Saint-Nizier-du-Moucherotte, que je connais plutôt bien — j’y suis déjà monté plusieurs fois. J’ai un bon rythme et je me place dans une plutôt bonne position — 28e au sommet de Saint-Nizier. Ensuite à la descente, comme toujours, je sais que je vais perdre un peu de terrain. Et effectivement, entre les deux sommets du jour, je me fais rattraper par plusieurs personnes. Au Pic Saint-Michel à 3:48:55, je suis redescendu à 39e — onze places perdues en descente. Le dernier gros point culminant avant la grosse descente vers la vallée. À partir de là, je descends à mon rythme, mais pas très vite malheureusement — je me fais dépasser pas mal de fois, même en rangeant les bâtons pour tenter de dévaler au plus vite.
En arrivant à Saint-Paul-de-Varces, je savais qu’il y avait encore une montée et que j’allais pouvoir peut-être cueillir quelques autres coureurs à ce niveau-là. J’ai pu en doubler quelques-uns, et ensuite maintenir l’écart dans la dernière descente jusqu’à Vif et sur le plat pour finir — remontant à 37e.
J’ai fini l’étape en 5:26:42, 37e au classement général. Plutôt satisfait de ma course. Retour en voiture à la maison, une montagne de pâtes, les jambes surélevées, et j’essaye de ne pas penser au Taillefer qui m’attend le lendemain.
Jour 2 — Taillefer
Taillefer : Vif → Rioupéroux
50,6 km | 3 390 m D+ | 3 150 m D- | Barrière horaire : 13h | Arrivée : 7:45:29 (38e)
Un nouveau massif pour le deuxième jour : le Taillefer. On démarre à peu près au même endroit où on avait fini la veille. C’est une des plus grosses journées, avec beaucoup de dénivelé positif et négatif surtout, et une distance qui tourne plus autour des 50 km que des 40. Ça va déjà rajouter quelques heures de course au total.
Départ de Vif, et tout le début est un peu ennuyant honnêtement. Ça part assez vite sur une bonne partie de plat pendant les premiers kilomètres. Ensuite il y a une petite montée avant d’arriver à Laffrey, au Lac de Laffrey (40e au pointage), où c’est l’occasion de faire un petit arrêt au ravito. À partir de là, je savais que ça allait monter quasiment tout du long jusqu’au Taillefer. Je prends mon rythme, ça avance plutôt bien — je grignote même quelques places dans la montée : Pas de la Vache (39e), Lac du Poursollet (38e), Chalets Barrière (36e). J’ai l’impression de courir avec les mêmes personnes que la veille — je retrouve des visages familiers.
Ensuite on arrive sur le Plateau des Lacs, Lac Fourchu, ce qui soulage aussi un peu les jambes. Ce n’est pas que de la pure montée ou de la pure descente, c’est un peu vallonné, donc plutôt agréable. Jusqu’à ce qu’on arrive à la grosse descente. Presque un kilomètre vertical à l’envers, plus de 1 000 m de dénivelé négatif d’un coup. C’était assez violent, et ça nous fait arriver dans la ville d’arrivée pour la journée.
Il y avait une traversée de route près de la fin, et j’ai appris plus tard que le chrono était arrêté au moment de la traversée de route. Mais j’avais mal compris — j’ai continué à courir après, alors que j’aurais pu finir en marchant étant donné que le chrono était déjà terminé. Enfin, peu importe.
J’aurais bien aimé faire un tour au stand massage, mais c’était déjà relativement complet. J’ai préféré prendre une des premières navettes pour rentrer à Grenoble. Malheureusement on s’est retrouvé dans les bouchons et ça a pris un peu plus de temps que prévu pour rentrer. Je suis arrivé à l’appartement en début de soirée — pas trop mal, mais ça faisait déjà un peu tard. Glaçage de tout ce qui faisait mal, et réveil programmé à une heure indécente.
Jour 3 — Belledonne
Belledonne : Rioupéroux → Saint-Nazaire-les-Eymes
48,4 km | 2 900 m D+ | 3 160 m D- | Barrière horaire : 13h20 | Arrivée : 8:41:07 (49e)
Le troisième jour, et une des plus belles étapes. Le massif de Belledonne. Ça démarre direct avec un kilomètre vertical droit vers le Plateau de l’Arselle. Comme il y a les deux courses en même temps — la course à la journée et la nôtre — il y a des départs différés pour éviter d’avoir des bouchons dans les montées, vu que le sentier est relativement étroit. Ça me convient plutôt bien, parce que j’ai horreur d’attendre derrière les gens en montée, surtout là où j’ai tendance à aller un peu plus vite. On part un peu avant et la montée se passe plutôt bien — j’arrive au Plateau de l’Arselle en 1:28, 35e.
À Arselle, on retrouve des coureurs de la course des 100 km qui a débuté le même jour. On file droit vers la Croix de Chamrousse. Arrivé à la Croix de Chamrousse à 2:31 (toujours 35e), il y a énormément de monde — ça doit être le moment où quasiment toutes les courses sont en même temps, tous les formats. On se retrouve sur les sentiers de Belledonne avec une file humaine quasiment infinie, à perte de vue. Ce n’est vraiment pas la journée où on se retrouve tout seul à courir.
De là, je savais qu’il allait y avoir une montée quasiment continue jusqu’au point culminant de toute la course : le Col de Freydane à 2 660 m. J’arrive au Col de Freydane à 4:37 dans l’étape, toujours 35e. Mais à partir du col ça commence à tirer pas mal dans la cuisse malheureusement. Les courbatures de la veille, ou même des deux jours précédents, rattrapent. C’est dans cette descente que j’ai commencé à avoir mal au quadriceps gauche, et ça allait me suivre pour le reste de la journée.
Je descends lentement, passant à 41e à Pré Long et jusqu’à 49e à l’arrivée à Saint-Nazaire. Mais je me dis tant pis, ce n’est pas grave — ce qui m’intéresse maintenant, c’est de finir. De toute façon, je ne jouais pas le classement. La descente est juste très, très longue. On passe de 2 700 m à quasiment l’altitude de la vallée à 200–300 m — ça fait plus de 2 000 m de dénivelé négatif. Il y a quelques petites remontées par-ci par-là qui permettent de reprendre un peu les jambes, au moins de changer la sensation. Mais les portions en descente, c’est interminable.
Ensuite il faut traverser toute la vallée pour remonter sur un faux plat jusqu’à la ville d’arrivée. Et là, je me pose la question : est-ce que je vais pouvoir continuer le lendemain ? Parce que j’ai mal partout.
Mais contrairement aux autres jours, j’ai la chance de pouvoir dormir chez des amis qui m’hébergent gentiment — ils font la course le lendemain à la journée, l’étape en Chartreuse. C’est plutôt bienvenu : ça m’évite de faire les trajets en navette jusqu’à Grenoble, et donc d’avoir beaucoup plus de temps pour la récup. Cette nuit-là, je reste sur place. Et comme ça, je suis prêt dès le lendemain pour la course du dernier jour.
Jour 4 — Chartreuse
Chartreuse : Saint-Nazaire-les-Eymes → Grenoble
41,4 km | 2 630 m D+ | 2 690 m D- | Barrière horaire : 12h | Arrivée : 6:49:13 (52e)
Le dernier jour. Je me réveille avec l’espoir d’aller un peu mieux d’un point de vue de la jambe, mais la douleur est toujours bien là. Un moment de doute sur le fait de même partir, sachant que je vais souffrir pendant 40 bornes avec cette douleur à la jambe. Mais je pars quand même.
Pareil que les autres jours : grosse montée directement. Et en montée, ça va plutôt bien en fait — pas de problème particulier. J’arrive à Emeindras en 1:37, 50e. Si seulement ça pouvait simplement monter tout le temps, ça serait tellement mieux. Tout se passe très bien jusqu’à la montée au point culminant de la journée à Chamechaude. Et ensuite commence la longue descente vers Grenoble, même s’il y aura une petite remontée entre-temps.
J’ai déjà perdu pas mal de temps dans la descente de Chamechaude. Je sens que je ne cours pas bien, je ne suis pas bien équilibré à cause de cette gêne à la jambe. Je me fais doubler, mais c’est pas grave. C’est pas grave. Et je continue.
J’arrive au Sappey-en-Chartreuse à 4:08 (51e), où c’est l’occasion de faire une petite pause, manger un petit morceau, avant de rattaquer une autre montée. Là j’arrive à rattraper d’autres personnes — c’est la montée au Fort du Saint-Eynard. Je passe au Col de Vence à 5:28, toujours 51e. Ensuite c’est la descente du fort, assez longue, avant un petit replat en faux plat montant, et enfin la descente finale vers Grenoble.
J’arrive en milieu-fin d’après-midi — 6:49:13 pour l’étape, 28:42:31 au total pour les quatre jours, 52e au classement général. Et là, c’est l’occasion de célébrer un petit peu la fin de cette journée, et surtout de ces quatre jours.
Les chiffres
| Distance totale | 180,2 km |
| Dénivelé positif total | 11 630 m |
| Dénivelé négatif total | 11 650 m |
| Temps total | 28:42:31 |
| Classement général | 52e / 208 classés |
| Jours | 4 |
| Point culminant | 2 660 m (Col de Freydane) |
En résumé
C’était une expérience superbe, mais vraiment intense. Le fait de le faire en quatre jours et de courir la journée et non pas la nuit, ça a un côté rassurant. Ça permet de faire un bon repas le matin et le soir en rentrant, et d’avoir le temps de récupérer un petit peu. Même si en pratique, ça peut quand même être dur de bien récupérer d’une journée à l’autre — les efforts sont assez importants, il y a beaucoup de kilomètres et de dénivelé.
En plus, il y a tous les trajets à prendre en compte. En prenant les navettes officielles, il faut allouer du temps pour ça : le temps d’aller au point de la navette, le temps d’attente, le temps de trajet, et le temps d’attente avant la course également. Ça peut rajouter facilement une heure et demie à chaque fois, et pareil pour le retour. Ça fait arriver assez tard en soi. Dans mon cas, je pense être encore plutôt bien sorti, mais pour quelqu’un qui court un peu moins vite, plus proche des barrières horaires, ça peut être assez intense. Ça fait finir tard la journée, et en plus il faut rentrer — peut-être arriver chez soi vers 22h, 23h, et ensuite se réveiller de nouveau le lendemain vers 5h du matin pour récupérer la navette. Là, ça peut être épuisant.
C’est quelque chose à garder en tête si vous souhaitez le faire également, mais que vous pensez mettre peut-être plus de temps chaque jour à finir les étapes. Bonne course !